Mis à jour le 9 octobre 2026L'équipe éditoriale, Rédaction
Imprimante laser

Deux machines posées côte à côte sortent la même feuille, et pourtant leur mécanique n’a presque rien en commun : l’une projette un liquide, l’autre fait fondre une poudre. Choisir une imprimante laser ou jet d’encre ne se joue donc ni sur la marque ni sur l’allure du boîtier, mais sur ce qui sort du bac, à quel rythme et après combien de semaines d’inactivité. Nous détaillons le fonctionnement, la qualité du texte et de la photo, la vitesse, le coût par page et l’encombrement.
Une imprimante laser est une machine qui dépose une poudre, le toner, sur la feuille puis la fixe par la chaleur : la chaleur fait fondre le toner sur la page. Le modèle monochrome emploie un seul toner, le modèle couleur en demande quatre. Cette mécanique repose sur des éléments qui s’usent, les cartouches de toner, le tambour et l’unité de fusion, qui reviennent régulièrement dans les consommables.
Le jet d’encre procède autrement : l’appareil fonctionne avec des cartouches d’encre liquide, projetée sur la feuille. Aucun élément n’a besoin de chauffer pour fixer l’image. Epson met d’ailleurs en avant un procédé d’éjection sans chaleur, qui réduit selon le constructeur le nombre de pièces d’usure et les interventions.
Cette différence de mécanique explique presque tout le reste : la netteté d’un texte, le comportement après plusieurs semaines sans impression, le prix d’une page et la taille de la machine.
Pour le texte, la qualité d’impression d’un laser est très bonne. Pour la photo, c’est l’inverse : le rendu d’un laser est souvent mauvais, ou moyen dans le meilleur des cas, alors que certains jets d’encre produisent une excellente qualité photo.
Le critère n’est donc pas « laquelle imprime le mieux » mais « imprimer quoi ». Un dossier de factures, des contrats ou des cours en noir et blanc relèvent du laser. Un album ou des visuels en couleur relèvent plutôt du jet d’encre, à condition de choisir un modèle réputé pour la photo, car la qualité varie d’un appareil à l’autre.
Sur plusieurs pages d’affilée, le laser est plus rapide : sa vitesse d’impression est très élevée, celle d’un jet d’encre est moins élevée. Une nuance tient au démarrage. D’après Epson, un jet d’encre n’a aucun temps de préchauffage, alors qu’un laser est encore en phase de préchauffage quand le jet d’encre a déjà sorti sa première page. Pour quelques feuilles occasionnelles, ce délai compte plus que la cadence de croisière.
Côté place, le jet d’encre est plus petit, moins bruyant et moins cher qu’un laser aux fonctions équivalentes. Les modèles laser couleur sont encombrants, et souvent plus bruyants. Reste l’énergie : selon Epson, un laser consomme environ huit fois plus d’électricité pour imprimer qu’un jet d’encre comparable, un chiffre tiré d’une étude citée par le constructeur lui-même et à lire comme tel.
C’est le point qui départage le plus nettement les deux technologies pour un usage espacé. Avec le laser, il n’y a pas de risque de dessèchement des têtes d’impression : le toner est une poudre, sans liquide dans le circuit. Une machine laissée plusieurs semaines dans un placard n’a pas de buses à déboucher.
Le jet d’encre se comporte différemment : l’encre a tendance à sécher et peut boucher les têtes d’impression lorsque l’appareil sert peu. Le nettoyage des buses consomme de l’encre, ce qui alourdit le prix de chaque page. Même en usage normal, il reste toujours un peu d’encre inutilisée dans une cartouche, qu’il est impossible d’extraire entièrement.
Le principe est connu : le laser est plus cher à l’achat, ses toners aussi, mais ceux-ci durent longtemps et font baisser le coût par page. Le jet d’encre coûte moins cher au départ, mais le prix par page imprimée peut être élevé.
Pour comparer deux modèles précis sans se fier à un slogan, il faut passer par le rendement annoncé. Le guide d’utilisation de HP sur le rendement des cartouches précise que ce chiffre « doit servir de point de départ à des fins de comparaison ». Il est mesuré selon la norme ISO/IEC 19752 pour le monochrome et ISO/IEC 19798 pour la couleur, jusqu’à la fin de vie de la cartouche. Le rendement réel varie toutefois avec le contenu des pages : un document très dense donne moins de pages que la norme, un document peu dense davantage. La proportion de couleur et de noir et blanc, la taille des tâches et les conditions ambiantes jouent aussi.
Le calcul se fait en deux temps : diviser le prix du consommable (cartouche, ou toner et tambour s’il se change à part) par le nombre de pages annoncées, puis ajouter l’éventuelle pièce d’usure. Les cartouches initiales livrées avec la machine, elles, peuvent imprimer moins de pages que les cartouches de remplacement.
Reste la fin de vie : l’ADEME demande de déposer une cartouche d’encre vide dans un point de collecte dédié, chez un revendeur, en grande surface, en mairie ou en déchèterie. Elle peut alors être réutilisée pour fabriquer des cartouches vendues comme neuves, valorisée en matière ou incinérée avec récupération d’énergie. Le logo environnemental garantit pour sa part des cartouches reconditionnées ne comportant pas plus de 35 % d’éléments neufs.
Le tableau reprend les écarts relevés plus haut, critère par critère.
| Critère | Imprimante laser | Imprimante jet d’encre |
|---|---|---|
| Principe | Toner en poudre fixé par la chaleur | Encre liquide en cartouches |
| Photo | Souvent mauvaise, ou moyenne au mieux | Excellente sur certains modèles |
| Vitesse sur plusieurs pages | Très élevée | Moins élevée |
| Inactivité prolongée | Aucun risque de dessèchement | L’encre peut sécher et boucher les têtes |
| Coût par page | Plus bas, toners durables | Pouvant être élevé |
| Encombrement | Plus grand, surtout en couleur | Plus petit et moins bruyant |
En pratique, un volume régulier de documents en noir et blanc oriente vers le laser, et c’est précisément le profil de notre sélection d’imprimantes laser, où chaque modèle est présenté avec ses consommables. Un usage occasionnel, ou centré sur la photo, oriente vers le jet d’encre. Quand le doute persiste, la fréquence d’impression tranche : plus elle est faible, plus l’encre sèche et le nettoyage des buses pèsent contre le jet d’encre.
Oui, mais sans enthousiasme : les tirages manquent de finesse. Pour des photos, mieux vaut viser un jet d’encre réputé sur ce point.
Aucun chiffre ne tranche à votre place : le coût par page du laser est plus bas, mais le jet d’encre gaspille de l’encre en nettoyage de buses lorsqu’il sert peu. Comparez les rendements annoncés de chaque modèle, mesurés selon les normes ISO, avant de décider.
Il reste toujours un peu d’encre non utilisée dans la cartouche, car il est impossible d’en extraire la totalité. L’encre sert aussi de lubrifiant, à faible dose, aux lames de nettoyage et aux systèmes de transfert.
Non : aucun liquide ne circule, donc les têtes ne risquent aucun dessèchement. L’atout est réel pour une machine peu sollicitée.
Quatre, contre un seul pour un modèle monochrome. Cela multiplie les consommables à surveiller, et alourdit l’appareil, les lasers couleur étant encombrants.
La déposer dans un point de collecte dédié, chez un revendeur, en grande surface, en mairie ou en déchèterie. Elle pourra être réutilisée ou reconditionnée quand elle s’y prête.